Le persil, un alicament qui aurait bon goût à être plus connu

Mis à jour : 22 févr. 2020


Le persil dans le jardin

« Que ton aliment soit ton premier remède ». Outre le fait que cette citation soit, à tort, attribuée à Hippocrate, les alicaments sont à la mode. On parle d’eux partout : réseaux sociaux, magazines de bien-être, de diététique, compléments alimentaires etc.


Selon la définition classique, notamment celle du Larousse, un alicament est un « produit alimentaire dans lequel ont été introduits des éléments considérés comme particulièrement bénéfiques pour la santé ».


Méconnu en phytothérapie, le persil est une plante qui a tout pour se faire connaître. Qu’il soit plat ou frisé, contient, aux 100 grammes, trois fois plus de vitamine C que l’orange, soit deux fois les apports journaliers recommandés [1]. On pourrait donc croire que 100 g de persil représentent une importante quantité, cependant cela équivaut à la portion de persil à hacher pour à peu près tous les plats traditionnels de la cuisine européenne.


Le persil est également riche en calcium bio-assimilable à 70 % (contre 30 à 40 % pour les produits laitiers) mais aussi en l’eau, en pro vitamine A, en vitamine K et en vitamines du groupe B excepté les B9 et B12. Son taux de minéraux et d’oligoéléments lui permet d’apporter, toujours pour 100g, jusqu’à 10 à 20 % des apports journaliers !


Par ailleurs, le persil comme d’autres Apiaceae, réduit les ballonnements et facilite la digestion. D’ailleurs, une vieille recette de grand-mère pour la mauvaise haleine préconisait de mâcher des feuilles de persil pour éviter les relents !


Le persil, lorsqu’on le consomme avec l’ail, limite ses désagréments. De même, l’ajout de persil au moment de la cuisson de l’ail supprime son odeur. D'autres relents sont également prévenus, comme ceux de l'alcool. Dans la littérature, on retrouve cet usage du temps des fastueuses soirées de l'aristocratie romaine. En effet, le persil aide à éliminer l'alcool et les poisons en général.


La liste est déjà longue et pourtant, sa principale vertu n’a pas encore été donnée. Le persil contient un taux élevé d’apigénine. Il s’agit d’un anti-inflammatoire, un flavone en l’occurrence. Selon diverses études scientifiques, l’apigénine serait également anti tumorale pour plusieurs types de cancers de la peau, du sein mais aussi de la prostate [2-8]. Par ailleurs, elle diminue la quantité d’acide nitrique dans les testicules, ce qui améliore la qualité du sperme que ce soit en mobilité, viabilité ou quantité de spermatozoïdes [9].


Par ailleurs, l’apigénine améliore l’assimilation des aliments par le corps et diminue les dommages causés par le stress oxydatif des cellules de l’estomac [10-11]. Finalement, elle présente une action sur la glycémie ; non seulement elle réduit le taux de sucre pour le maintenir à un niveau stable mais elle limite aussi la glycation des protéines (réaction de Maillard) qui a des conséquences désastreuses pour les diabétiques [12].


En tant que naturopathe, je considère le persil comme un super aliment : il convient à tous les régimes alimentaires, il hydrate et apporte des fibres dont ont besoin notre microbiote ou notre flore intestinale pour se développer.


Le persil présente encore bien d’autres vertus et on en découvre de nouvelles chaque jour dans de nouveaux domaines : sur la préservation de l’intelligence cristalline, sur la protection cardiovasculaire etc. Si le sujet vous intéresse et que vous souhaitez en savoir davantage, n’hésitez pas à me contacter ou prendre à rendez-vous pour une consultation de naturopathie !


Jean-Marie Poulle

Naturopathe et Phytopraticien



Sources :

[1] Food data central.

<https://fdc.nal.usda.gov/fdc-app.html#/food-details/170416/nutrients>.

[2] BAUER D. et al. – 2017. Apigenin inhibits TNFα/IL-1α-induced CCL2 release through IKBK-epsilon signaling in MDA-MB-231 human breast cancer cells. PloS one.

Publié [en ligne] sur <https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28441391>.

[­3] DANCIU C. et al. – 2018. Botanical Therapeutics: Phytochemical Screening and Biological Assessment of Chamomile, Parsley and Celery Extracts against A375 Human Melanoma and Dendritic Cells. International journal of molecular sciences.

Publié [en ligne] sur <https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30453564>.

[4] SEMENO VV. et al. – 2016. Efficient Synthesis of Glaziovianin A Isoflavone Series from Dill and Parsley Extracts and Their in Vitro/in Vivo Antimitotic Activity. Journal of natural products.

Publié [en ligne] sur <https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27100701>.

[5] FARSHORI NN. et al. - 2014. Cytotoxicity assessments of Portulaca oleracea and Petroselinum sativum seed extracts on human hepatocellular carcinoma cells (HepG2). Asian Pacific journal of cancer prevention (APJCP).

[6] SWEENEY MF., SONNENSCHEIN C. & SOTO AM. - 2018. Characterization of MCF-12A cell phenotype, response to estrogens, and growth in 3D. Cancer cell international.

Publié [en ligne] sur <https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29559854>.

[7] SCHRÖDER L. et al. – 2017. The Effects of Petroselinum Crispum on Estrogen Receptor-positive Benign and Malignant Mammary Cells (MCF12A/MCF7). Anticancer research.

Publié [en ligne] sur <https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28012928>.

[8] TANG EL. et al.– 2015. Petroselinum crispum has antioxidant properties, protects against DNA damage and inhibits proliferation and migration of cancer cells. Journal of the science of food and agriculture.

[9] JALILI C., SALAHSHOOR MR. & NADERI T. – 2015. The effect of hydroalcoholic extract of P. crispum on sperm parameters, testis tissue and serum nitric oxide levels in mice. Advanced biomedical research.

Publié [en ligne] sur <https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25789266>.

[10] HERNANDEZ F. et al. - 2004. Influence of Two Plant Extracts on Broilers Performance,Digestibility, and Digestive Organ Size. Poultry Science.

Publié [en ligne] sur <https://academic.oup.com/ps/article/83/2/169/1574493>.

[11] AKINCI A. et al. – 2017. Petroselinum Crispum is Effective in Reducing Stress-Induced Gastric Oxidative Damage. Balkan medical journal.

Publié [en ligne] sur <https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28251024>.

[12] TUPE RS. et al.– 2016. Attenuation of glycation-induced multiple protein modifications by Indian antidiabetic plant extracts. Pharmaceutical biology.

Publié [en ligne] sur <https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27608964>.

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